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Les talents de MCA : l'interview de Benjamin, ingénieur d'affaires

Je crois savoir que tu es un passionné de moto … Oui, c’est une passion de longue date. J’ai fait beaucoup de compétitions moto en régional, à partir de 17 ans. Ensuite en école d’ingénieur, on s’est lancé en Championnat de France d’Endurance 125. On a été Champions de France dès la première année en 125cc, puis Champions de France 250cc l’année suivante en 2014. Et on a également continué de faire rouler la 125 avec de nouveaux pilotes, qui ont aussi gagné le titre dans la catégorie. Alors j’avais envie de continuer dans le milieu, mais l’idée n’était pas forcément d’en faire un métier.

Quel a été ton parcours ? MG Compétition, l’équipe dans laquelle j’ai commencé, a d’abord été vendue, puis a fini par fermer. Mais l’ancien patron a transmis mon CV à une équipe Moto2 en Espagne. J’y suis entré à partir de novembre 2015 pour débuter les essais d’avant saison. En parallèle je cherchais à travailler dans l’industrie, car avec 7 courses par an il n’était pas possible d’avoir un salaire décent. J’ai débuté chez Valéo, j’étais acheteur projet sur le développement de l’alterno-démarreur. Puis j’ai été contacté par MCA Ingénierie pour entrer chez Renault F1 à Viry-Châtillon. J’ai commencé en juillet 2016 pour travailler sur le développement de la Formula E au sein d’une petite équipe de 10 personnes. C’était la saison 3, et on a été Champions du Monde.

Tu allais en piste ? Je n’allais pas en exploitation piste, sauf une fois à Hong Kong. Mais j’étais en piste sur toutes les séances de développement. J’ai travaillé sur l’architecture électrique et électronique, le circuit de refroidissement, et également sur la synthèse véhicule. Je suivais la répartition des masses, j’avais la main sur le centre de gravité. C’était surtout du pilotage de développement avec les fournisseurs comme Dallara, Sadev, … On concevait en interne, on bâtissait un cahier des charges, et on commandait la réalisation et les tests. Puis on réceptionnait les pièces et les solutions, et on faisait les choix techniques. J’ai arrêté en septembre 2017 quand MCA Ingénierie m’a proposé de progresser, et de faire du management. Maintenant je suis Ingénieur d’Affaires. Je suis en relation avec nos différents clients, auxquels je propose des profils en fonction des postes qu’ils ont à pourvoir. Parmi mes clients, je travaille avec Renault et Renault F1, principalement pour le développement moteurs et logiciels on travaille également avec Renault Sportscars qui développe la Mégane RS et l’Alpine, Faurecia l’équipementier automobile. Beaucoup de ferroviaire aussi avec la RATP et plusieurs bureaux d’études spécialisés dans les infrastructures. Ou encore Zodiac, le grand équipement aéronautique.

Je suis responsable technique pour Acid Moto, en tant qu’indépendant. Le pilote est Sébastien Fraga, il est 7ème du championnat de France Superbike Challenger. On fait les 7 manches de la saison. Donc j’ai toujours un pied dans la compétition, du jeudi soir au dimanche. Et puis avec mon ancienne structure Addict Engineering, on fait les 23h60 du Mans.

Comment vois-tu la suite ? L’organisation actuelle, avec mon activité professionnelle d’un côté et les courses de l’autre, me convient très bien. Dans l’idéal, j’aimerais reprendre une structure à moi, pour faire le FSBK ou l’EWC. Mais dans l’immédiat je débute ma carrière chez MCA, donc les journées sont chargées !!

C’est un poste très technique et que j’aime beaucoup. Je présente par exemple cet après-midi des candidats chez Renault F1. Ça signifie que j’en apprends tous les jours sur le plan technique, les évolutions moteur, … Je ne perds pas le contact avec la technique, même si aujourd’hui je suis plus proche du commercial et du management. Ça c’est la semaine, et je me défoule le week-end avec la moto. L’équilibre me convient tout à fait.

D’après l’article de l’Ecole de la performance publié le 4 août 2018.

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